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À Deauville, le festival du cinéma renvoie l’image d’une Amérique tourmentée.

Publié le  23/08/2018
François Colombier
Festival cinéma Deauville
De g. à d. , Carine Fouquier, directrice générale du CID, Philippe Augier, maire de Deauville, Bruno Barde, directeur du festival, Jérôme Limoges, directeur général référent hôtellerie Deauville, groupe Barrière.
Du 31 août au 9 septembre, Deauville accueille tout le cinéma américain, celui des studios et des indépendants, celui des stars et des jeunes talents.

La 44e édition du festival du cinéma américain de Deauville débutera vendredi 31 août prochain avec la projection du « Secret des Kennedy », de John Curran, avec la magnifique interprétation de Ted Kennedy par Jason Clarke. Jusqu’au 9 septembre, 60 films seront à l’affiche, offrant une plongée passionnante dans l’Amérique d’aujourd’hui, dans des œuvres fortes, dans la production des grands studios ou du cinéma indépendant.
Deauville sait s’ouvrir à tous les courants, à toutes les expressions. Et le directeur du festival, Bruno Barde, fait entendre sa différence : « La modernité, c’est accueillir les films pour ce qu’ils sont et non pas en fonction de la façon dont ils vont être distribués », affirme-t-il. Les nouvelles plates-formes ne lui font pas peur. Le film de clôture, « Only the Brave », décrit la traque du nazi d’Adolf Eichmann par les Israéliens. Il est produit et diffusé par Netflix. « Je pense que cela vaut la peine de le montrer », tranche Bruno Barde. Il se bat aussi contre les festivals qui gardent leurs films strictement pour eux : « La circulation des films doit être plus importante que l’ego des programmateurs », assène-t-il, visant directement Toronto.

Un art en mouvement

Ces combats le motivent toujours plus pour « présenter des films, en parler, les critiquer, en faire l’éloge, en rire ou en pleurer »… Et Deauville, cette année encore, cache quelques perles dont le très prometteur « les frères Sisters », de Jacques Audiard, une histoire complexe et initiatique de deux tueurs à gages, où l’on retrouve John C.Reilly et Joaquin Phoenix.
La compétition (14 films, dont 8 premières œuvres) donne « la couleur de l’Amérique, d’une Amérique sombre, d’une réalité sociale où se croisent les inquiétudes de la jeunesse, des communautés. L’art est le reflet de la société », explique Bruno Barde. Le jury sera présidé par Sandrine Kiberlain.
Le festival organisera un hommage à l’immense Morgan Freeman, accueillera « le nouvel Hollywood », représenté par Elle Fanning et Shailene Woodley, recevra Sarah Jessica Parker, délivrera un regard encore plus acéré sur les États-Unis avec les « docs de l’oncle Sam ». « Le cinéma est un art en mouvement », rappelle Bruno Barde. Deauville, qui trace un lien entre le pont de Normandie et le pont de Brooklyn, en est un témoignage vivant.
Et un témoignage ouvert à tous : « Nous sommes l’un des seuls festivals ouverts au public », se réjouit le maire Philippe Augier. « Les salles sont pleines. Nous avons reçu 60 000 spectateurs l’an dernier ». Que la fête commence.
www.festival-deauville.com

Par  François Colombier
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