Emploi en Normandie : une année 2025 en recul, mais des signaux de reprise pour les cadres
Selon les dernières données de l’Urssaf Normandie, la région a perdu 4 500 emplois salariés en 2025, soit une baisse de 0,5 % sur un an, contre ‑0,3 % au niveau national. À la fin de l’année, la Normandie comptait 883 700 emplois salariés.
Cette contraction touche l’ensemble des types de contrats et la quasi‑totalité des classes d’âge. Seuls les salariés de 55 ans et plus enregistrent une progression (+2 %), confirmant le vieillissement de la population active. Malgré ce recul de l’emploi, la masse salariale régionale progresse de 1,3 % et le salaire moyen par tête augmente de 1,8 %, pour atteindre 2 715 euros bruts mensuels, un niveau toutefois inférieur à la moyenne nationale (3 065 euros).
Des disparités territoriales et sectorielles marquées
Tous les territoires normands ne sont pas logés à la même enseigne. La Seine‑Maritime concentre l’essentiel des pertes, avec plus de 2 600 emplois détruits en un an. À l’inverse, la Manche tire son épingle du jeu, affichant 260 créations d’emplois, portée par la bonne orientation de l’hébergement‑restauration, mais aussi par la relative résistance de l’industrie et de l’intérim. La zone d’emploi de Cherbourg‑en‑Cotentin se distingue comme la plus dynamique, avec une croissance des effectifs de +0,8 %.
À l’échelle régionale, l’hébergement‑restauration est d’ailleurs le seul secteur à afficher un solde positif (+0,1 %), dans un environnement globalement défavorable pour l’emploi salarié.
Emploi cadre : des recrutements en recul, mais des effectifs toujours en hausse
Dans ce paysage contrasté, l’emploi cadre suit une trajectoire spécifique. D’après l’étude annuelle de l’Apec, 6 070 cadres ont été recrutés en Normandie en 2025, soit une baisse de 7 % par rapport à 2024, plus marquée que la moyenne nationale.
Pour autant, l’emploi cadre n’est pas à l’arrêt. La Normandie a enregistré 1 590 créations nettes de postes cadres en 2025, même si ce chiffre est en fort recul par rapport à 2024 (2 510). Les cadres continuent ainsi de soutenir la dynamique de l’emploi qualifié, à contre‑courant de l’emploi salarié privé dans son ensemble.
Une population cadre majoritairement ancrée dans les PME
La Normandie concentre 3 % des cadres du secteur privé français, soit 101 360 personnes, principalement en Seine‑Maritime (44 450) et dans le Calvados (22 040). Les cadres normands sont légèrement plus âgés que la moyenne nationale, avec une médiane de 43 ans, contre 41 ans au niveau national. Près de six cadres sur dix ont entre 35 et 54 ans.
Autre spécificité régionale : 51 % des cadres travaillent dans des TPE ou des PME, soulignant le rôle structurant de ces entreprises dans l’économie normande et leur poids dans les besoins en compétences qualifiées.
Quels secteurs porteurs pour 2026 ?
Si les perspectives 2026 laissent entrevoir une éclaircie (+1 %, soit 6 140 embauches), la prudence reste de mise. La reprise du marché de l’emploi cadre demeure en effet étroitement dépendante du contexte géopolitique, énergétique et des récents événements internationaux, trop récents pour être pris en compte dans cette étude. Néanmoins, l’année 2026 pourrait être plus profitable à la Normandie qu’au reste des autres régions françaises.
Fortement marquée par le poids de l’industrie dans les recrutements de cadres (27 % contre 16 % au niveau national en 2025), l’année 2026 devrait illustrer cette prédominance avec 29 % des recrutements dans l’industrie (contre 14 % pour le reste du pays), ainsi que 37 % dans les services. Un poids industriel qui peut cependant s’apparenter à un handicap : alors qu’en 2026, 50 % des recrutements de cadres seront portés par le secteur des « services à forte valeur ajoutée » (services informatiques, développement de l’IA…), la Normandie n’en profitera qu’à hauteur de 17 %, ce secteur y étant traditionnellement sous‑représenté.