Lancement de la stratégie gouvernementale en faveur de l’emploi des jeunes
Des jeunes plus diplômés, mais une insertion professionnelle difficile
Alors que la France compte plus de diplômés du supérieur que la moyenne européenne, l’insertion professionnelle des jeunes reste difficile : 1 jeune sur 3 connaît une trajectoire marquée par le chômage ou l’inactivité après ses études et le chômage des jeunes approche les 20 %. Le taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans demeure inférieur à celui des pays du Nord de l’Europe, en particulier pour les moins de 19 ans et les jeunes peu qualifiés. Près de 1,4 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont aujourd’hui ni en études, ni en emploi, ni en formation (les « NEETs »).
Les causes de cette situation sont nombreuses et comprennent, entre autres, une connaissance insuffisante des métiers et du niveau d’insertion à l’issue des formations suivies, une survalorisation du diplôme et de la formation initiale théorique longue, plutôt que de l’expérience et de la formation pratique ou continue, un éloignement encore trop grand des formations et politiques publiques d’accompagnement des besoins de l’entreprise et du monde du travail en général.
Enfin, un grand nombre de politiques publiques et de parties prenantes agissant en faveur de l’emploi des jeunes existent, mais ont trop rarement été réellement synchronisées les unes avec les autres.
Dans le prolongement du plan « 1 jeune 1 solution », ces constats appellent une réponse ambitieuse, structurée, territorialisée et assise sur quelques priorités clés.
3 axes stratégiques et un objectif de liste resserrée de mesures à coconstruire pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes
Pour répondre à ces défis les ministres de l’Education nationale, du Travail et de l’Emploi, et de la Jeunesse lancent une stratégie nationale pour l’emploi des jeunes, structurée autour de 3 grands axes stratégiques :
- Mieux orienter, mieux former, mieux informer les jeunes sur les métiers qui recrutent
- Renforcer les liens entre les jeunes et l’entreprise tout au long de leur parcours
- Prévenir les ruptures, accompagner les jeunes fragiles, promouvoir des parcours intensifs d’insertion
La liste soumise au CNE comprend les 11 pistes de mesures suivantes
- Enrichir les données d’Inserjeunes et d’Insersup pour mieux informer sur les débouchés et les réussites des parcours, via les plateformes avenir(s) et un jeune une solution. Des travaux sont en cours en interministériel pour améliorer la coordination entre les différentes plateformes.
- Mobiliser davantage les entreprises dans les parcours de découverte des métiers dès le collège, avec une attention à la féminisation des filières scientifiques (STIM) ;
- Proposer à tous les lycéens professionnels en dernière année des ateliers collectifs et des entretiens individuels avec France Travail et les Missions Locales (dispositif Avenir Pro) ;
- Développer 50 000 places en deux ans de formation de spécialisation d’un an en alternance sur les premiers niveaux de qualification, en lien avec les branches professionnelles ;
- Systématiser une expérience en entreprise dans les deux premiers mois du contrat d’engagement jeune (CEJ) et construire des parcours adaptés aux besoins des filières. ;
- Construire et déployer une formation de référence pour les conseillers du réseau pour l’emploi afin de les former à la stratégie de mobilisation des entreprises ;
- Mobiliser les task force entreprise pour engager les employeurs en faveur de l’emploi des jeunes (recrutements, stages, mentorat, etc.) ;
- Assouplir les conditions d’exercice d’une activité professionnelle de courte durée ou à temps partiel pour les étudiants, afin de favoriser le travail étudiant compatible avec les études ;
- Piloter l’obligation de formation des 16-18 ans dans une logique de résultats et clarifier les responsabilités des acteurs impliqués ;
- Développer et mobiliser les solutions de parcours intensifs pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi (EPIDE, E2C, service civique, écoles de production, etc.) ;
- Renforcer le pilotage du mentorat et l’orienter vers les publics prioritaires, pour soutenir les transitions vers l’emploi ou les études ;
La mise en œuvre de cette stratégie sera pilotée en lien étroit avec les acteurs de terrain – régions, branches, missions locales, entreprises, collectivités, associations. Son déploiement fera l’objet d’un suivi et d’une adaptation continue, au plus près des besoins locaux.