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1,3 milliards d’euros pour produire du carburant vert en périphérie de Rouen !

Publié le  13/01/2025
Jacques-Olivier Gasly
Acteur français de la transition énergétique, Verso Energy vient d’annoncer le lancement de la consultation préalable relative à son projet d’implantation d’un site de production de carburant d’aviation (e-SAF). Un projet générateur d’emploi (250 emplois directs et indirects), mais aussi et surtout vertueux, le process industriel étant basé sur la capture de CO2.

Un projet ambitieux ! Nommé DEZiR (pour projet de Décarbonation en Seine-Eure et sur la Zone industrielle de Rouen), cette unité dont le calendrier prévoit qu’elle puisse être en fonctionnement dès 2029 prévoit à la fois la construction d’un site de production de carburant d’aviation durable sur la commune de Petit-Couronne (76), mais aussi la création d’une unité de capture de CO2 à Alizay (27).

« Techniquement, pour produire ce carburant principalement à base d’hydrogène, nous avons également besoin d’une importante source de dioxyde de carbone. Or il se trouve que sur le territoire métropolitain, nous disposons de nombreux atouts… Non seulement est implantée sur la commune d’Alizay une importante centrale biomasse, utilisée pour produire du carton qui génère de grosses quantités de CO2 mais en plus, sur la commune de Petit-Couronne, distante d’une trentaine de kilomètres, se situent les anciennes installations Pétroplus (ex-raffinerie Shell), directement raccordées au réseau souterrain LHP qui alimente les aéroports parisiens en hydrocarbures directement depuis Le Havre », explique Antoine Huard, directeur général de Verso Energy.

L’idée est donc simple : récupérer le CO2 jusqu’alors libéré dans l’atmosphère pour l’envoyer via une canalisation pressurisée vers le site de fabrication de carburant d’aviation durable, le e-SAF, le stocker en proximité chez des tiers avant de l’expédier en pipeline vers les aéroports parisiens.

Mais avant que tout ceci ne soit opérationnel, encore faut-il se conformer à certaines exigences, telle que la consultation préalable, du 13 janvier au 15 mars 2025, destinée à informer les populations des zones concernées de la nature du projet et ainsi recueillir avis et observations. Celles-ci seront consignées par les garants de la consultation, puis rendues publiques et jointes au dossier d’enquête publique, dernière étape avant le démarrage du chantier.

À l’issue de la concertation préalable, les garants rédigeront un bilan dans lequel ils consigneront l’ensemble des avis et arguments exprimés ; ce bilan, auquel répondront les maîtres d’ouvrage, sera rendu public et joint au dossier d’enquête publique.

« Pour mener à bien ce projet, nous allons par exemple avoir besoin d’une importante quantité d’énergie. Et deux options s’offrent à l’opérateur RTE pour nous raccorder. Nous allons donc questionner les habitants, notamment ceux de Grand-Couronne, commune concernée par le tracé, pour recueillir leurs impressions », souligne Antoine Huard.

Lorsqu’il sera opérationnel, le projet DEZiR ambitionne, à partir des 350 000 tonnes de CO2 captées auprès de la chaudière biomasse d’Alizay opérée par Biomasse Énergie d’Alizay (BEA), de produire 81 000 tonnes d’e-SAF par an. « Cette quantité d’e-SAF en remplacement du kérosène d’origine fossile permettrait d’éviter l’émission de plus de 5 millions de tonnes de CO2 pendant les 25 ans d’exploitation du projet, selon l’ADEME », indique Verso Energy.

D’un montant de 1,3 milliard d’euros, ce projet prévoit également la création de 800 emplois pendant la phase de construction, avec un pic à 1 400 emplois pendant la phase de montage de l’installation. En fonctionnement, le projet entraînera la création de 250 emplois directs et indirects.

 

Par  Jacques-Olivier Gasly