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Dans l’Eure, les femmes mises à l’honneur à la Préfecture

Publié le  10/03/2025
Jacques-Olivier Gasly
A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le préfet de l’Eure, Charles Giusti, a souhaité mettre à l’honneur 10 femmes, originaires du département. Sportives, élues, cheffes d’entreprise… toutes ont fait preuve d’une farouche volonté d’entreprendre !

Il aura fallu attendre 1977, année où l’ONU adopte une résolution pour faire du 8 mars une journée internationale des droits des femmes (la France rejoint le mouvement en 1982…) pour que cette idée, inspirée dès 1910 par la militante socialiste allemande Clara Zetkin, s’ancre dans les mentalités.

Afin de lui conférer un caractère solennel, Charles Giusti, préfet de l’Eure, a convié pour l’occasion, 10 femmes ordinaires « qui font des choses extraordinaires dans le sport, leur vie professionnelle, l’art… ». Parmi elles, Agathe Bejerano-Calderon, luthière, Anaïs Cussigh des Gazelles normandes ou encore Aurélie Aubert, athlète paralympique de boccia, médaillée d’or lors des derniers Jeux de Paris et porte-drapeau de la cérémonie de clôture…

« J’ai souhaité que nous puissions nous réunir de manière très simple… Ce n’est pas une cérémonie en tant que telle, juste un bon moment à passer ensemble en vous donnant la parole », a ainsi expliqué le préfet de l’Eure, en guise de mot d’accueil aux invitées du jour. « Et de mon passé dans la Marine Nationale me restent des expressions dont celle-ci : nous marins, sommes le clou qui tient le cadre… Vous, mesdames, vous êtes également ce clou de notre société, indispensable et insuffisamment mis en avant…».

Installée depuis 2023 aux Ateliers Saint-Cyr, sur la commune du Vaudreuil, Agathe Bejerano-Calderon est la première à prendre la parole. A tout juste 30 ans, elle s’est installée dans l’Eure pour vivre de sa passion : la lutherie. Et si pour elle, le fait d’être une femme n’a jamais été le fond du problème, c’est avant tout la condescendance du terme de « métier-passion » qui lui est la plus difficile à supporter. Oui, une femme doit pouvoir suivre la voie qu’elle a choisie, mais il n’est pas acceptable d’entendre que ce choix justifierait d’être mise au ban de la société.

« Grâce aux collectivités, il y a sur ce territoire un véritable accompagnement pour nous permettre de nous installer et d’assurer la transmission d’un savoir-faire unique, vieux de plus de 500 ans. Mais comme tout le monde, nous aspirons à une vie décente », insiste la jeune femme. 

Comme elle, 9 femmes vont ainsi se succéder pour témoigner de leur combativité à surmonter les épreuves ou accidents de la vie, mais aussi de cette volonté de lutter avec passion contre toute forme de fatalité, à l’image de Laurence Benissan, femme cheffe d’entreprise, récompensée par de nombreux trophées dont le prix Or des « Femmes chefs d’entreprise », également engagée en faveur d’une économie solidaire et circulaire.

« Après avoir développé mon entreprise aux côtés de gens et de talents exceptionnels que sont mes collaborateurs, je me suis demandé comment il était possible d’accompagner d’autres talents, issus, ceux-ci, de quartiers souvent décriés ou dénigrés. C’est comme cela que m’est venue l’idée de créer à Evreux, Smart-Xpert », explique la cheffe d’entreprise. Un encouragement à l’entrepreneuriat né de l’ambition de faire de sa ville « la Silicon Valley solidaire d’Europe” où high tech et excellence se conjuguent pour donner naissance dans une économie vertueuse sociétalement responsable et qui à ce jour, peut s’enorgueillir d’avoir accompagné une cinquantaine de projets…

Laurence Benissan (à gauche) & Agathe Bejerano-Calderon
Par  Jacques-Olivier Gasly