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EMR : Naval Energies met fin à ses investissements dans l’hydrolien

Publié le  27/07/2018
Jacques-Olivier Gasly
Hydrolienne1
Hydrolienne présentée à Cherbourg, le 14/06/2018, à l'occasion de l'inauguration de l'usine OpenHydro
Dans un communiqué adressé dans la soirée du jeudi 26 juillet, Naval Energies annonce mettre un terme à ses investissements dans l'hydrolien

Naval Energies vient de décider lors de son Conseil d’Administration extraordinaire du 25 juillet de mettre fin à ses investissements dans le domaine des hydroliennes. Naval Energies concentrera ses efforts sur l’éolien flottant et l’Energie Thermique des Mers.

Naval Energies, acteur de référence des énergies marines renouvelables (EMR), est le seul acteur de la filière à avoir développé trois lignes de produits : les hydroliennes, avec sa filiale irlandaise OpenHydro, les éoliennes flottantes et l’énergie thermique des mers.

Naval Energies a développé la technologie de l’hydrolien jusqu’à la phase de démarrage industriel. Le 24 juillet, l’entreprise a notamment déployé et connecté au réseau électrique une nouvelle hydrolienne au Canada. Pour la deuxième fois en deux ans, une turbine de 2 MW a été déployée dans la baie de Fundy.

Fermeture du marché

Toutefois, le marché pour l’hydrolien se ferme. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), dans le cadre du débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie en France, ne prévoit que 100 à 150 MW installés d’ici 2028, soit 50 turbines de 2 MW dans dix ans. Le Royaume-Uni a fait le choix depuis deux ans de ne pas subventionner spécifiquement l’hydrolien et donc d’exiger des coûts au même niveau que l’éolien posé, ce qui n’est pas possible pour une technologie qui démarre. Au Canada on constate aussi une sensibilité très importante au coût de la technologie.

Ainsi, le décalage entre l’offre technologique et la demande du marché et par ailleurs le système de subventions qui n’apporte pas d’aides directes aux constructeurs pendant les phases de développement, ne permet pas à l’industrie de financer seule les développements des marchés de production d’électricité.

Au terme d’une discussion approfondie avec l’Etat et l’ADEME, il apparaît nécessaire de mettre un terme aux investissements dans l’hydrolien.

La décision concertée avec l’ensemble des partenaires et donneurs d’ordre publics et privés a été prise le 25 juillet lors du Conseil d’Administration extraordinaire de Naval Energies, maison mère d’OpenHydro.

Laurent Schneider-Maunoury, Président de Naval Energies, déclare : « C’est avec regret mais responsabilité que nous prenons cette décision d’arrêter nos investissements dans l’hydrolien. Ce choix s’impose à nous aujourd’hui. La dégradation de la situation du marché, en France et dans le monde tout au long de ces derniers mois, s’est traduite par une absence de perspectives commerciales qui ne nous permet pas de financer seuls plus longtemps le développement des activités hydroliennes. Dans ces conditions, il devenait déraisonnable de poursuivre les investissements car cela aurait conduit à un épuisement des ressources de l’entreprise et donc in fine à l’affaiblissement de Naval Energies. L’entreprise Naval Energies concentre désormais son développement autour de deux technologies d’avenir : l’éolien flottant et l’énergie thermique des mers, qui reçoivent le soutien des autorités publiques »

“Nous avons un besoin urgent de visibilité commerciale et espérons des décisions des Etats, et notamment de la France, pour le lancement d’un appel d’offres pour des fermes commerciales”

Le 14 juin dernier, c’est à Cherbourg qu’OpenHydro, filiale de Naval Energies, inaugurait la toute première usine d’assemblage d’hydroliennes au monde (lire notre article du 14/06/2018). A cette occasion, Laurent Schneider Maunoury, président de Naval Energies et d’OpenHydro, évoquait déjà un risque de fermeture du site alors même que le potentiel mondial de l’énergie hydrolienne représente un marché de plus de 2 000 machines…

Par  Jacques-Olivier Gasly