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GDE : alors que l’entreprise recycle à plus de 96 % la filière véhicules hors d’usage, son activité pourrait néanmoins être pénalisée (AUDIO)

Publié le  25/06/2019
Jacques-Olivier Gasly
Pas moins de 150 professionnels du recyclage ainsi que des responsables de casse auto du Grand Ouest étaient dernièrement invités à découvrir les lignes de recyclage de la filière véhicules hors d’usage (VHU), sur le site de GDE (Guy Dauphin Environnement) de Rocquancourt dans le Calvados. L’occasion de faire la démonstration d’un savoir-faire, mais aussi de tirer la sonnette d’alarme…

Avec un process de recyclage atteignant les 96,2 % (contre 95 % exigés) pour le traitement de véhicule hors d’usage (VHU), le site de Rocquancourt, situé à quelques kilomètres de Caen, a valeur d’exemplarité pour le spécialiste du recyclage GDE. Ce site qui dispose d’un broyeur agréé VHU, est régulièrement alimenté par les 8 sites de collecte répartis sur l’ensemble des départements normands. Comme celui de Rocquancourt, GDE groupe Ecore dispose également de 5 autre centres en France qui ont permis de traiter en 2017 380 000 VHU sur les 1 165 875 recensés la même année par l’ADEME (2 549 402 véhicules neufs ont parallèlement été mis sur le marché la même année).

« Depuis le site normand, nous recyclons chaque année 400 000 tonnes de matières et traitons 41 000 tonnes de batteries au plomb, recyclées à 96 % », se félicite Philippe Sorret, directeur général délégué de GDE, les déchets ultimes faisant par la suite l’objet d’un enfouissement. Et c’est là que le bât blesse… Car dans le même temps où l’Union Européenne annonce voiloir réduire de moitié d’ici à 2030 la part des enfouissements, chiffre que la France ambitionne d’atteindre dès 2025 (avec une première échéance dès 2020 avec une réduction de 30%) le marché de l’enfouissement se trouve artificiellement « dopé » par deux actualités concomitantes : l’augmentation du volume de véhicules à détruire suite aux « primes à la casse » et l’interdiction faite par certains pays, dont la Chine, d’importer des déchets destinés à l’enfouissement.

« Il y a deux risques majeurs à cette situation », prévient Philippe Sorret. « Dans un premier temps, la saturation des sites d’enfouissement et une impossibilité pour nous d’évacuer nos déchets ultimes. Inévitablement, cela se traduira pour nous par une limitation puis un arrêt de l’activité lorsque les quotas seront atteints… Mais ce qu’il faut également avoir à l’esprit, c’est le risque d’un retour aux décharges sauvages ».

Complément d’information avec Philippe Sorret, directeur général délégué de GDE, au micro de Jacques-Olivier Gasly

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Par  Jacques-Olivier Gasly
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