L’Agglomération Seine-Eure structure son offre pharmaceutique
Sur le territoire de Louviers – Val-de-Reuil, la tradition des activités pharmaceutiques ne date pas d’hier. « Après la disparition des activités économiques historiques du territoire, dont celles liées au textile, les élus se sont mis en quête pour attirer des industries à forte valeur ajoutée et exportatrices », explique Bernard Leroy, président de l’Agglomération Seine-Eure, qui a lui aussi débuté sa carrière dans l’industrie pharmaceutique et assisté à la profonde transformation du territoire depuis l’arrivée de l’Institut Pasteur, en 1973. « Il y a encore 30 ans, ce secteur représentait 1 500 emplois. Aujourd’hui, il y en a plus de 10 000… », insiste l’élu.
Alors, quand l’un des gros industriels du secteur, Kenvue, a annoncé vouloir se séparer d’une partie des surfaces dont il n’avait plus l’usage, comprenant notamment des bureaux et des laboratoires dont une partie est actuellement utilisée par l’entreprise de recherche sous contrat Novalix, l’Agglomération Seine-Eure s’est portée acquéreur de l’ensemble des espaces : 10 000 m² composés d’un centre de recherche de 9 000 m² dont 6 000 m² de locaux disponibles et divisibles, dont une salle blanche, d’un manoir destiné à la location de salles de réunion, ainsi que d’un corps de ferme disposant de 1 000 m² de bureaux à louer, pour un total de 4,5 millions d’euros.
Grâce à cette opération, la société Novalix, qui était déjà installée dans ces locaux en qualité d’entreprise de recherche sous contrat pour Kenvue, mais également pour d’autres acteurs du secteur (entreprises privées et universités), devient le premier locataire de l’Agglomération Seine-Eure. Mais surtout, elle et ses 50 chercheurs peuvent continuer leurs activités sans avoir à envisager de déménager ni de déplacer leurs coûteux instruments de recherche…
« Ici, nous travaillons en amont de la recherche destinée à la formulation de nouveaux médicaments. Nos clients sont aussi bien des start-up de la biotech que d’importantes multinationales qui ont besoin, pour leurs travaux, de nouvelles molécules. Leurs chercheurs prennent contact avec nos équipes pour développer les molécules dont ils pensent qu’elles pourraient être efficaces dans la mise au point de tel ou tel médicament », détaille David Lançois, directeur chimie global de Novalix.
Après leur mise au point (entre 2 et 3 mois selon la complexité du modèle), les molécules sont ensuite nettoyées afin de présenter un taux de pureté optimal. « Chaque année, nous créons ainsi environ 1 600 molécules, qui restent la propriété de nos clients, lesquels ont alors la possibilité de les repositionner pour développer d’autres médicaments si leurs recherches n’étaient pas probantes », complète Matthieu Jeanty, directeur de la synthèse organique chez Novalix. Des molécules stratégiques, car un médicament en comporte plus de 100 000 et nécessitera près de 10 années de recherche entre l’idée de la formulation et sa mise sur le marché…