
« La crise que nous venons de traverser aura eu au moins cette vertu de faire prendre conscience au plus grand nombre de l’importance du local : que ce soit dans le sourcing des matières premières ou dans le choix de ses sous-traitants. Et faire partie d’un réseau d’entreprises comme celui que nous avons constitué depuis 2017 avec l’Ecosystème Cléon 4.0, c’est justement penser local en amorçant des relations d’affaires à transformer en véritables opportunités business », explique Vincent Laudat, président de la CCI Rouen Métropole, en charge de l’animation de ce réseau.
Impulsé par Renault Cléon et plusieurs grandes entreprises, l’Ecosystème Cléon 4.0 traduit la volonté de ces derniers de s’impliquer dans un territoire, auprès des PME locales et de les « emmener dans leur sillage ». Autrement dit, permettre à ces entreprises de monter en compétence pour intégrer une stratégie industrielle collective déclinée autour de diverses thématiques telles que les questions RH et la formation, la digitalisation, l’efficacité énergétique ou encore la mobilité intelligente pour tous.
« Pour nous, intégrer ce cluster, c’est avant tout gagner en notoriété », concède Arnaud Tual, responsable des sites normands du groupe Baudelet Environnement. « Nous sommes présents en Normandie depuis 2016 au travers de 3 implantations : Le Havre, Fécamp et Grémonville, non loin d’Yvetot. Et c’est depuis ce site que nous traitons les déchets du CHU de Rouen et de ses 14 établissements. Néanmoins, nous sommes un acteur relativement discret sur et autour de Rouen. Au-delà de l’aspect purement business, être membre de l’Ecosystème Cléon 4.0., c’est pour nous un moyen d’aller à la rencontre d’autres entreprises, de connaître d’autres métiers et façons de travailler, et inversement, d’expliquer nos process aux autres ».
Un contrat de 10 ans sur le site de Grémonville
Comptant plusieurs implantations, essentiellement dans les Hauts-de-France, Baudelet Environnement dispose en Normandie d’un savoir-faire unique. Et si le site havrais est réputé sur le plan international dans le démantèlement des navires, celui de Grémonville dispose lui aussi de ses spécificités. En plus des prestations classiques opérées sur les différents éco-sites, Grémonville vient de bénéficier d’un investissement de 1,5 M€ pour l’acquisition d’une extrudeuse destinée au recyclage des plastiques. « Grâce à cet investissement, nous disposons d’une capacité de traitement de 800 kilos/heure en transformant les plastiques en granulés polymères pour l’industrie », détaille Arnaud Tual.

Mais dans le monde de la valorisation, Grémonville est également synonyme de démantèlement ferroviaire. « Avec notre partenaire Sotramiante, nous allons construire ici un tunnel de désamiantage pour le traitement des rames TGV, marché que nous avons remporté auprès de la SNCF, et qui va se traduire par une activité d’une dizaine d’années sur le site », explique le responsable normand de Baudelet Environnement. Des wagons qui arrivent sur rail, directement au cœur de l’éco-site. Débarrassés de tout ce qui peut l’être, les wagons sont ensuite dirigés vers la zone de désamiantage pour pouvoir être totalement démantelés et dirigés in-fine en aciérie. Un chantier qui générera à lui seul 40 emplois supplémentaires en plein cœur du Pays de Caux.