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Le lin normand au cœur de l’écosystème du lin européen

Publié le  22/01/2019
Jacques-Olivier Gasly
Lin-récolte
La France compte aujourd’hui 6 000 producteurs de lin et sur la totalité des surfaces cultivées en France, 63 % se situent en Normandie… 60 000 hectares dont 32 000 situés en Seine-Maritime
L’AGPL, Association Générale des Producteurs de Lin, organise à l’occasion des « Hivernales de l’AGPL », une série de rencontres avec les liniculteurs français. Après Cagny, dans le Calvados ou Yerville en Seine-Maritime, d’autres rendez-vous sont organisés dans la Somme, le Pas-de-Calais ou encore le Nord avant de se terminer, le 27 février, à Guichainville, dans l’Eure.

Depuis 1930, l’Association Générale des Producteurs de Lin (AGPL) rassemble les liniculteurs français. Et le fait que cette association nationale soit basée à Rouen ne doit rien au hasard. En effet, si l’Europe pèse aujourd’hui pour plus de 80 % dans la production de lin de qualité dans le monde, la France représente à elle seule 60 % de cette part. « La France compte aujourd’hui 6 000 producteurs de lin et sur la totalité des surfaces cultivées en France, 63 % se situent en Normandie… 60 000 hectares dont 32 000 situés en Seine-Maritime », explique Bertrand Gomart, président de l’AGPL.

Une filière encore aujourd’hui peu concurrencée, mais la multiplication des tentatives internationales pour introduire et développer la culture du lin (Chine, Russie…) doit justement pousser les producteurs français et européens (Belgique, Hollande) à mieux travailler ensemble. D’où l’élaboration d’un plan de filière, déposé auprès du Ministère de l’Agriculture en fin d’année dernière.

« Il est impératif pour nous de structurer notre offre et de veiller à nous professionnaliser afin de répondre aux attentes des clients », souligne Bertrand Gomart. Des clients qui veulent des produits plus « naturels », avec notamment un recours restreint aux intrants, mais aussi une qualité constante au fil des ans. « La qualité, c’est aujourd’hui l’un des axes majeurs de notre réflexion. Car en maintenant une qualité constante et en affichant une innocuité de nos productions face à l’utilisation de tel ou tel produit phytosanitaire, avec un éventuel regroupement sous l’égide d’un label, nous pourrions garantir à nos producteurs un prix plus élevé et surtout éviter de trop grandes fluctuations », insiste le président de l’AGPL.

Bien consciente qu’il faudra plusieurs années avant de pouvoir produire du lin fibre dans le cadre d’une labellisation européenne commune, l’AGPL souhaite néanmoins initier cette démarche dès aujourd’hui et l’inscrire au chapitre des actions à mener. « C’est aujourd’hui, alors que la conjoncture nous est favorable, que nous devons nous poser les bonnes questions. Il ne faut pas attendre d’être en difficulté pour cela. Et le fait de travailler tous ensemble relève du même principe. Alors que de nombreuses exploitations vont devoir renouveler en profondeur leur matériel, l’accès au crédit sera moins compliqué si nous sommes constitués en filière », note Bertrand Gomart.

Chaque année, le lin produit en Europe (France, Belgique et Hollande) génère un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros. Et aux 6 000 producteurs français, il convient d’ajouter les entreprises de teillage, ce qui représente en tout quelques 12 000 emplois non délocalisables.

Par  Jacques-Olivier Gasly