L’économie normande : toujours à l’épreuve des incertitudes politiques et économiques
L’activité économique en Normandie demeure en demi-teinte au 1er semestre 2025, malgré un recul de l’inflation. Les entreprises normandes évoluent actuellement dans un environnement marqué par de fortes incertitudes politiques et économiques, notamment après la crise gouvernementale de septembre et le renversement du gouvernement Bayrou. Si globalement, 24 % des dirigeants interrogés font état d’une amélioration de leur activité, 40 % rapportent des performances comparables au semestre précédent tandis que 36 % témoignent d’une détérioration de leur activité.
Des disparités sectorielles, l’industrie en difficulté
Le bilan sectoriel révèle des dynamiques différenciées et parfois contrastées au sein d’un même secteur d’activité. L’industrie affiche la plus forte dégradation, avec 44 % de dirigeants signalant une baisse d’activité et une chute des carnets de commandes. Le commerce, la construction et les services montrent de timides signes d’amélioration, mais restent fragilisés par la faiblesse de la demande et la prudence des consommateurs. Le secteur de la construction se distingue par sa relative résistance, affichant davantage de stabilité par rapport au semestre précédent. Ils sont 46 % à afficher un bilan comparable.
L’investissement sous pression : un frein persistant à la croissance
L’investissement reste le principal frein à la croissance : tous secteurs confondus, l’indicateur se dégrade de 5 points, avec une chute plus marquée dans l’industrie (-9 points). Les marges et la trésorerie demeurent dans le rouge, près d’un dirigeant sur quatre anticipant une nouvelle érosion de ces indicateurs financiers cruciaux. L’étude menée par la Banque de France confirme la baisse tendancielle des investissements depuis 2021, touchant toutes entreprises à l’exception des Entreprises de Taille Intermédiaire sur les années 2021 et 2023.
Des difficultés moins pesantes mais une demande qui peine à repartir
Les freins au développement des entreprises se desserrent peu à peu mais les chefs d’entreprises déplorent toujours une demande au ralenti, et ce malgré le recul de l’inflation. Trois préoccupations majeures ressortent de ce Baromètre des Affaires :
- Baisse de la demande ou de la fréquentation pour 38 % des dirigeants (stable sur un an)
- Hausse des prix des matières premières pour 33 % d’entre eux (- 3 points sur un an)
- Hausse du coût de l’énergie pour 24 % des chefs d’entreprise (- 7 points sur un an)
La confiance des dirigeants reste fragilisée par l’instabilité politique
46% des dirigeants normands se disent confiants pour le second semestre 2025, mais près d’un tiers déclarent manquer de visibilité face à un contexte politique national instable – un niveau record jamais atteint depuis la création du Baromètre des Affaires en 2017.
L’investissement reste atone, hypothéquant les capacités de modernisation et de développement des entreprises. L’emploi apparaît globalement stable, confirmant la volonté de maintien des effectifs malgré le manque de visibilité.
Infrastructures de transport et de mobilité : un enjeu clé pour la compétitivité
Les entreprises normandes dépendent fortement du réseau routier pour leur activité (98 %). Si plus de la moitié ne rencontrent pas de problématiques d’accessibilité, 44 % des dirigeants interrogés signalent des difficultés, principalement liées au manque de stationnement, à la congestion routière et à l’insuffisance de places de livraison. En dehors des grands projets d’infrastructures attendus en Normandie (Ligne Nouvelle Paris—Normandie, Contournement Est de Rouen, …), les chefs d’entreprises expriment des besoins prioritaires afin d’améliorer la mobilité et soutenir la compétitivité régionale. La modernisation du réseau routier constitue la préoccupation majeure pour 36 % d’entre eux devant le renforcement des transports en commun (19 %) et le développement des lignes ferroviaires de passagers (12 %).
Bilan de la saison estivale 2025 pour les commerçants et les Cafés-Hôtels-Restaurants
Interrogés début septembre, les commerçants et les Cafés-Hôtels-Restaurants dressent un bilan globalement favorable de la saison estivale. Si le contexte économique continue de peser sur les comportements de consommation, 46 % des CHR sont satisfaits de la saison et 26 % l’ont jugé meilleure que l’année dernière (+ 8 points en un an).
Un suivi territorial précis pour une action ciblée.
Ce baromètre des affaires repose sur une enquête menée auprès de 2 340 dirigeants normands. Ces résultats permettent aux CCI de Normandie d’adapter leurs actions pour répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire et de proposer des solutions concrètes pour soutenir l’économie locale
Source : Communiqué CCI Normandie