Territoire d’industrie Manche et Nord Cotentin : 6 000 emplois d’ici 2034 !
Dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone et face aux enjeux climatiques, énergétiques et de souveraineté, la France a pris des engagements forts pour la filière nucléaire. La politique nationale de relance du nucléaire implique notamment de renouveler les infrastructures industrielles sur l’ensemble du cycle du combustible, de sa fabrication à son recyclage. C’est dans ce cadre que des études ont été lancées pour de nouvelles installations de traitement-recyclage et de fabrication de combustible MOX sur le site Orano la Hague, qui remplaceront à terme les installations existantes.
6 000 créations d’emplois industriels supplémentaires dans les 10 prochaines années dans la Manche
Lors du Comité stratégique, l’étude commandée par la Région Normandie, la communauté d’agglomération du Cotentin, et les industriels Orano, EDF et Naval Group, confiée au cabinet HELEVATO et la CCI Ouest Normandie, a été présentée. Elle détaille les perspectives de création d’emplois induites par les projets d’investissement d’Orano dans la Manche (programmes « Pérennité/résilience » de 2025 à 2035, puis « Aval du futur » de 2035 à 2055), ainsi que ceux d’EDF et de Naval Group, groupes d’industriels présents dans le bassin d’emploi et qui mobilisent aussi des compétences dans les métiers de la métallurgie, de l’énergie et du nucléaire.
Entre 2025 et 2034, 6 000 emplois industriels supplémentaires seront créés à l’échelle du département de la Manche, passant de 16 000 à 22 000 emplois liés aux projets d’Orano, d’EDF et de Naval Group. 50 % de ces nouveaux emplois seront basés sur les trois sites industriels d’Orano la Hague, EDF Flamanville et Naval Group à Cherbourg.
Sur les 6 000* nouveaux emplois créés de 2025 à 2034, 25% correspondent à des postes d’ingénieurs et de cadres, 35% à des techniciens et spécialistes, et 40% à des ouvriers et opérateurs.
Onze typologies de métiers liés à l’industrie sont concernées, dont la métallurgie, l’ingénierie, le génie civil, l’expertise nucléaire ou navale. En déclinaison de ces typologies, 150 métiers ont été identifiés, dont les métiers de soudeurs, électriciens, conducteurs d’engins, ingénieurs, techniciens de maintenance, etc.
L’État et les collectivités territoriales pleinement mobilisés au côté des industriels, pour répondre à ce choc de croissance attendu
Dans un contexte de quasi plein-emploi que connaît la Manche (taux de chômage de 5,3%), les besoins en main-d’œuvre annoncés par les industriels nécessitent d’adapter le dispositif de formation et de recrutement, en élargissant les recherches au-delà des bassins d’emploi locaux, pour inciter de nouveaux salariés à s’installer dans la Manche dans les années qui viennent.
Le Comité stratégique « Aval du futur » a arrêté plusieurs orientations stratégiques pour l’année 2026 :
- La nomination prochaine, par l’État, d’un coordonnateur grand projet auprès du préfet de la Manche, dédié au pilotage du projet Aval du Futur. Cet expert de haut niveau sera chargé de coordonner, avec les collectivités, les services de l’Etat et les industriels, la mise en œuvre territoriale des programmes industriels et de l’accompagnement du chantier Aval du futur.
- L’élaboration d’un projet stratégique de territoire par les collectivités qui souhaitent s’engager dans le programme Aval du futur, avec l’État et les industriels. Il précisera les conditions dans lesquelles ce programme pourra se déployer dans l’ensemble du département jusqu’en 2055.
- La création d’un observatoire de l’emploi pour suivre de manière dynamique les besoins en main d’œuvre.
Dans le prolongement de l’étude HELEVATO sur l’impact en termes de créations d’emploi d’ici 2034, la mise en place d’une Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences (GPEC) territoriale permettra de préciser les besoins en emplois et en compétences nécessaires à la réalisation de ces grands projets, pour dimensionner les actions à anticiper dans tous les domaines.
L’analyse actuelle, qui porte sur la période 2025-2034, sera révisée annuellement en s’appuyant sur les données actualisées des projets des industriels. Une dynamique de création d’emplois plus importante encore est attendue les années suivantes, du fait de la montée en puissance du programme Aval du futur.
*Le chiffre de 6000 emplois agrège les emplois au sein des groupes Orano, EDF, Naval Group ainsi que ceux des entreprises sous-traitantes. Ils s’entendent en équivalent temps plein. Ce chiffre ne prend pas en compte les travailleurs en grand déplacement, qui viennent sur les sites industriels pour de courtes durées (de 2 à 6 mois) et qui représenteront de l’ordre de 3 000 personnes supplémentaires, par an, entre 2026 et 2029. Les emplois indirects induits par ces projets ne sont pas non plus comptabilisés dans le cadre de cette étude.
Source : Communiqué ministère de l'Économie et des Finances