Alain di Crescenzo présente la charte des CCI pour 2026 !
« Je n’ai jamais autant cru en la capacité de notre pays à se redresser », s’est ainsi exprimé Alain di Crescenzo, à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée 2026, avant de livrer un diagnostic « sans complaisance » et de présenter ses pistes, tout en prenant soin de rappeler qu’il était tout aussi important de « croire en ce que l’on est, croire en ce que l’on fait, et d’exécuter… ».
« On peut avoir des plans, des budgets… mais on n’exécute pas ! Notre pays a besoin que l’on exécute les plans qui ont été dûment réfléchis, qui sont dans les couloirs des ministères depuis des années », assène Alain di Crescenzo.
2025, une année de performance !
« Par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés, nous les avons atteints », martèle le président de CCI France, chiffres à l’appui : « En 2025, les CCI ont dépassé 1,1 million d’entreprises et porteurs de projets accompagnés ; nous avons formé 525 000 personnes (dont 137 000 apprentis), soit 10 000 de plus que l’année précédente ».
De bons résultats, réalisés dans un contexte national de réduction des effectifs (13 600 collaborateurs ; non-remplacement des départs à la retraite), « compensée par des efforts de productivité ».
Des actions menées au plus près des territoires que seul le réseau des CCI, associé à celui des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA), est en mesure de réaliser.
« Ce qui fait l’économie française, ce ne sont pas les 50 ou les 1 000 plus grandes entreprises… ce sont les TPE‑PME. Et les seuls opérateurs capables de pouvoir les suivre, ce sont nos deux réseaux. On nous disait il y a peu, sur les formalités, avec le Registre national des entreprises (RNE), qu’il n’y aurait plus rien à faire… C’est faux ! On a encore sensibilisé plus de 521 000 entreprises en 2025 sur cette seule thématique ».
Et si ces résultats ont tout du bulletin de notes du bon élève de la classe, le président de CCI France s’estime particulièrement mal récompensé par l’État, qui n’a eu de cesse, au cours de ces dernières années, que de ponctionner les CCI (764 millions de taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie – TCCI – en moins sur 2016‑2023 et 100 millions de moins sur la période 2024‑2027), sans pour autant disposer d’une feuille de route lisible.
« Nous sommes le seul établissement public en France qui ait des conventions d’objectifs et de moyens (COM), des conventions d’objectifs et de performance (COP) avec une évaluation extérieure, et chaque année, sur le bureau des ministres, il y a l’étude qui mesure, région par région, l’impact des CCI », insiste Alain di Crescenzo.
Pourtant, en fin d’année 2025, le réseau apprend une nouvelle baisse, en dépit des engagements initialement pris, qui oblige de nouveau les CCI à se mobiliser pour leur survie.
« Croyez‑le ou pas, mais personne n’avait fait de mesure d’impact… Ils avaient regardé la trésorerie sur le bilan des CCI sans examiner les engagements… », déplore le président de CCI France.
Pour répondre à cette demande, le réseau aurait dû procéder au licenciement de 2 000 à 3 000 collaborateurs, ce qui serait revenu à signer l’arrêt de mort des CCI.
« Nous avons fait 61 % d’efforts sur la TCCI au cours des dix dernières années… Si tout le monde avait fait pareil, le pays ne serait pas dans cette situation ».
Le pays a la capacité de rebondir !
Dans un contexte où la confiance des chefs d’entreprise dans l’économie de leur pays est au plus bas (12 % actuellement, contre 75 % sur la période des dix dernières années), « nous demeurons la 7ᵉ puissance mondiale… », souligne Alain di Crescenzo.
« 65 % des chefs d’entreprise ont confiance dans LEUR entreprise… C’est l’envie de gagner qui permettra de gagner des points de croissance, mais en priorisant. Il y a des opportunités : les transitions, l’international, l’IA — sous réserve de créer un plan massif en réfléchissant aux usages — mais il faut aussi que nous soyons une nation de transmission d’entreprises. Il conviendra enfin de s’attaquer au gisement d’économies d’efficacité comme par exemple le sujet de la simplification. Il est possible de faire entre 75 et 100 milliards d’euros d’économies », promet le président de CCI France.
Et de citer les fameux passages de seuils pour les entreprises lorsqu’elles franchissent le cap de 9 à 10 ou de 19 à 20 salariés. « On veut que les entreprises embauchent, mais quand vous passez de 9 à 10 collaborateurs, vous avez environ une vingtaine d’obligations additionnelles qui mobilisent à peu près un tiers du temps d’un employeur… et lorsque l’on passe de 19 à 20, il n’y a plus que cinq obligations… ».
Et de rappeler la proposition faite au gouvernement par les CCI de mettre en place les Pactes PME, consistant à tester chaque dispositif public afin de déterminer s’il crée de la valeur ou s’il en détruit.