Université des Entrepreneurs Normands 2025 : tenir le cap dans un contexte de rupture !
« Nous vivons en France une rupture institutionnelle, une rupture vis-à-vis des choix économiques de nos voisins européens, et cela ne fait que s’aggraver… En France, les retraites, c’est 14 % du PIB, alors que la moyenne européenne est à 11 %. En France, nous sommes à 57 % de dépenses publiques, quand la moyenne européenne est de 49 %… Ce n’est peut-être pas ambitieux d’être dans la moyenne de la classe, mais il y a 8 points d’écart par rapport au PIB, soit 240 milliards d’euros d’économies si nous étions juste un élève moyen… », a ainsi expliqué en ouverture de cette journée Jean-Philippe Daull, président du MEDEF Normandie.
Mais que doivent faire les chefs d’entreprise dans un monde qui connaît aujourd’hui autant de ruptures ? Quel cap maintenir malgré l’absence de visibilité ?
« Pour reprendre l’analogie avec le monde des navigateurs, je dirais que les cartes que nous avions l’habitude d’utiliser se désagrègent les unes après les autres, les vents changent brusquement, de manière totalement irrationnelle, les règles du jeu changent elles aussi brusquement… Et dans ce tumulte, les entreprises, ces embarcations que nous avons construites, doivent tenir bon. Mais au fond, n’est-ce pas cela, entreprendre ? Prendre la mer sans garantie de beau temps, mais en étant convaincu qu’il vaut mieux être en mouvement que de rester au port. C’est notre boussole intérieure qui doit nous indiquer la manière dont on doit avancer, et non pas nous dire où il faut aller… C’est le sens que nous devons donner à nos équipes, nos clients, nos territoires ! », poursuit le patron des patrons normands, tout en rappelant qu’il n’existe pas de solution miracle, mais que prendre le temps d’échanger ensemble et de croiser les expériences est déjà une première étape.
On ne maîtrise pas le vent, mais on peut régler nos voiles. On ne maîtrise pas la houle, en revanche, on peut choisir la manière de l’aborder… Mais surtout, nous ne naviguons pas seuls !
Jean-Philippe Daull, président du MEDEF Normandie”
Invité à s’exprimer devant les responsables économiques normands, Patrick Martin, président du MEDEF, a lui aussi tenu à rappeler que la rupture, dans son principe, n’affolait pas les chefs d’entreprise : « D’une certaine manière, on la recherche, car si les entrepreneurs s’installaient dans la routine, cela conduirait au déclin… En revanche, c’est la rapidité et la violence de ces ruptures qui interpellent. »
Mais au-delà de ce contexte international anxiogène, c’est avant tout l’égarement politique de la France qui inquiète le président du Mouvement des Entreprises de France : « L’Allemagne, qui est stratégiquement en souffrance économique, est en train de se ressaisir. Avec un gouvernement de coalition conservateur et socialiste — j’insiste — elle prend des mesures de soutien à ses entreprises extrêmement puissantes : 46 milliards d’euros d’aide à l’investissement par an ! »
La journée de l’UEN a ensuite été ponctuée de différentes tables rondes et de remises de prix, dont deux concernaient le réseau des CCI de Normandie :
- Le trophée ADN d’entreprise dans la catégorie réseau « Femmes & Challenges », remis par Audrey Regnier, présidente de Femmes & Challenges, à l’entreprise Les Bénéfiques.
- Le trophée ADN d’entreprise dans la catégorie « Développement international / Innovation », remis par Vincent Laudat, président de la CCI Normandie, à l’entreprise Factem.