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Chez Jacomo, motivation et savoir être sont plus importants que le CV

Publié le  17/10/2018
Jacques-Olivier Gasly
Chez Jacomo, motivation et savoir être sont plus importants que le CV
Chez Jacomo, à Deauville, la Région Normandie vient écouter les besoins des industriels en matière de recrutement.
Chez Jacomo, à Deauville, la Région Normandie vient écouter les besoins des industriels en matière de recrutement

Faire autrement… C’est en quelque sorte les messages que Patrice Robert, directeur du site normand de Jacomo, a tenu à faire passer à David Margueritte, vice-président de la Région Normandie, en charge de la formation et de l’apprentissage. “Nous sommes confrontés à une véritable pénurie en matière de recrutement”, déplore le chef d’entreprise.

Il y a quelques années, avec d’autres entreprises voisines, Jacomo a participé à un forum de recrutement. Problème de sourcing ? de motivation ?… “Les deux personnes que nous avions identifiées n’ont pas poursuivi l’aventure avec nous”, poursuit Christophe Danoun, directeur de production. “Nous avons donc décidé de ne plus nous fier au CV, mais à la motivation des gens, puis de les faire monter en compétence en interne”, poursuit-il.

David Margueritte, vice-président de la Région Normandie, en charge de la formation et de l’apprentissage et Patrice Robert, directeur du site normand de Jacomo

Malheureusement, les solutions développées en interne par Jacomo ne peuvent pas tout résoudre. Par exemple, l’entreprise cherche à recruter depuis deux ans deux techniciens de production. Si elle a réussi à en trouver un rapidement, le deuxième poste est toujours vacant. “Et en terme de rémunération, ce sont des postes à 2 200 / 2 300 euros brut”, répond Patrice Robert à l’invitation de David Margueritte.

Fort heureusement, la notoriété de l’entreprise et son implantation depuis de nombreuses années sur le territoire (1985) contribuent à accompagner le développement de l’entreprise de cosmétique. “ Il y a 16 ans, le site produisait 4 millions de pièces. Aujourd’hui, dans le cadre de notre plan d’ambition sur 5 ans qui est de multiplier par deux notre chiffre d’affaires et de passer à 30 millions de pièces par an, nous sommes parvenus à augmenter nos effectifs à 112 salariés en CDI (soit 150 personnes sur le site en moyenne avec les intérimaires) et à atteindre les 17 millions d’unités”, précise le chef d’entreprise, par ailleurs élu à la CCI Seine-Estuaire.

Et c’est sur ses activités de sous-traitant pour les marques de luxe que l’usine Jacomo de Deauville réalise l’essentiel de son activité. “La marque Jacomo en tant que telle ne représente que 3% de notre activité”, explique Patrice Robert. Impossible néanmoins pour le responsable d’en dire plus. “Les marques qui nous font confiance exigent de nous la plus grande discrétion. Ce qui n’est d’ailleurs pas toujours facile pour communiquer sur nos activités, notamment lors des salons internationaux. ”

Patrice Robert, directeur du site normand de Jacomo

Et l’international, est aujourd’hui une composante essentielle de l’entreprise : 85 % de la production normande est destinée à l’export. “Avec l’appui de l’AD Normandie et de CCI International Normandie, nous avons intégré le dispositif Xport”, poursuit Patrice Robert de retour du salon Luxe Pack de Monaco. “Ces rendez-vous sont des lieux de rencontres importants où les sous-traitants ont leur place”, assure-t-il. D’ailleurs d’autres salons sont d’ores et déjà en prévision, à Paris, New-York et Dubaï notamment.

Par  Jacques-Olivier Gasly