Événements
Organisateurs et témoins de l'Xport Day 2026
Organisé toute la journée du 10 juin 2026 dans les locaux de la CCI Seine Estuaire, au Havre, l’Xport Day « Afrique & Moyen-Orient » a été l’occasion pour 90 entreprises normandes et quelque 200 participants de faire le point sur la meilleure façon de se développer à l’export.

« Même si ces deux zones sont compliquées à lire, l’Afrique et le Moyen-Orient sont deux zones incontournables sur lesquelles l’État lui-même porte de fortes ambitions, et où les entreprises normandes peuvent aller chercher de vrais relais de croissance », explique Benoît Perino, directeur commercial adjoint de Business France. « Et l’objectif de cette journée est justement de faire saisir aux entreprises normandes tout le potentiel de cette zone, où il est possible de se développer en bénéficiant du soutien de l’équipe Team France Export, constituée de l’AD Normandie, de Business France et des Chambres de commerce et d’industrie », poursuit Delphine Wahl, directrice de la CCI Normandie.

Un réseau qui, sur l’année 2025, a accompagné quelque 2 200 entreprises normandes sur les marchés internationaux, leur permettant d’afficher un chiffre d’affaires à l’export supplémentaire de 128 000 euros sur l’année. « Et n’oublions pas que, sur l’année écoulée, l’Afrique et le Moyen-Orient ont représenté 13 % des exportations normandes, soit 5 milliards d’euros, une zone qui a enregistré sur la même période une croissance de plus de 19 % », poursuit la directrice régionale.

« Il y a toujours des fondamentaux à respecter lorsque l’on souhaite se tourner vers l’export, et plus encore selon la zone ciblée. Pour ce qui est de l’Afrique et du Moyen-Orient, il faut surtout éviter de croire que nous sommes attendus ou que, parce que certains pays sont encore francophones, les choses seront plus faciles… Dans les années 1980, nous représentions 30 % de parts de marché sur les pays du Maghreb. Aujourd’hui, cette part n’est plus que de 10 % », souligne Philippe Garcia, directeur zone Afrique du Nord au sein du réseau Business France.

Sentiment de supériorité pour les uns, attentisme pour les autres !

Autre écueil évoqué lors des échanges de cette journée : ce « mal » très français qui consiste à observer et attendre que nos concurrents soient bien installés pour considérer qu’un marché est sécurisé. Une perte de temps particulièrement néfaste dans un contexte où nous sommes régulièrement challengés, y compris par nos partenaires européens.

« En ce qui nous concerne, l’international fait partie intégrante de notre stratégie », détaille Emmanuelle Mayor, directrice opérationnelle au sein de l’entreprise normande Petroseal. Cette PME normande, installée à Saint-Romain-de-Colbosc, près du Havre, est spécialisée depuis plus de 50 ans dans les solutions d’étanchéité et de colmatage de fuites à très hautes températures dans les secteurs du pétrole, du gaz et de la pétrochimie. « Mais même si nous sommes tournés vers l’export depuis de nombreuses années, il faut toujours garder à l’esprit qu’il faut être agile, notamment lorsqu’il s’agit de marchés très chahutés. Dernièrement, nous étions sur une planification de long terme prometteuse sur les pays du golfe Persique. Et c’est notre agilité qui nous a permis de tirer notre épingle du jeu en nous tournant vers l’Afrique, où sont apparues de nouvelles opportunités. Mais si je dois insister sur un point essentiel, c’est qu’à l’heure où l’on multiplie les visios et où il n’a jamais été aussi facile d’échanger avec des personnes situées à plusieurs milliers de kilomètres, il est impératif de maintenir un contact local humain avec ses interlocuteurs », insiste la responsable.

Une approche qui, dans certains pays, dépasse le simple cadre relationnel pour être directement inscrite dans la loi. « Pensez dès le début de votre démarche à la co-construction… Il existe désormais dans de nombreux pays des réglementations instituant une prime au local. Il est donc impératif de ne pas aller seul à l’export et de bien s’entourer, mais il existe de réelles opportunités. Dakar au départ du Havre, c’est 5 jours de navigation. Depuis la Chine, c’est beaucoup plus long… », insiste Gérald Petit, directeur Afrique subsaharienne de Business France.

Une présence locale qui peut également prendre la forme d’un VIE (Volontariat international en entreprise), formule très répandue, notamment en Afrique, où l’on dénombre pas moins de 800 jeunes en poste, permettant de faire ce lien humain indispensable à toute démarche internationale.

Par  Jacques-Olivier Gasly