En 2025, le nombre d’inscrits aux concours de l’École nationale de la magistrature (ENM) a atteint un record avec 3 894 candidats. Les lauréats et futurs élèves magistrats, appelés auditeurs de justice, intègreront l’ENM pour y suivre une formation rémunérée de 31 mois, alternant apprentissages théoriques et pratiques à Paris et Bordeaux ainsi qu’au sein des tribunaux judiciaires. 1 202 auditeurs de justice sont actuellement en formation initiale à l’École nationale de la magistrature.
Magistrat : un métier fondamentalement humain
Disposant d’une connaissance pointue du droit, d’une aptitude à décider et d’une grande capacité d’écoute, les magistrats, indépendants, exercent un métier à un haut niveau de responsabilité, qui présente de nombreuses perspectives d’évolution.
Répartis entre le siège et le parquet, les magistrats peuvent également changer de fonctions et de lieu d’exercice au cours de leur carrière, selon leurs souhaits de mobilité géographique et fonctionnelle. Grâce à la mobilité externe, les magistrats peuvent effectuer un détachement ou une mise à disposition au sein d’autres ministères ou administrations. Après plusieurs années d’expérience professionnelle, les magistrats peuvent assumer des fonctions à hautes responsabilités.
Le magistrat du siège rend la justice. Il peut exercer des fonctions généralistes ou spécialisées (juge des enfants, juge des contentieux de la protection, juge d’instruction, juge d’application des peines ou juge des libertés et de la détention). Il tranche les conflits (famille, logement, consommation…) et juge les personnes poursuivies pénalement en appliquant les règles de droit et en veillant au respect des droits de chacune des parties.
Le magistrat du parquet représente la société qu’il défend, avant, pendant et après le procès. Il a pour mission de diriger les enquêtes de la police judiciaire, de poursuivre les personnes suspectées d’avoir commis une infraction, et de proposer à l’audience une sanction. Il veille également à l’exécution des peines. Il intervient surtout en matière pénale, mais aussi en matière civile dès lors que les intérêts de la société sont en jeu.
Un métier revalorisé avec l’entrée en vigueur de la réforme des grades des magistrats
La profession de magistrat a bénéficié d’une revalorisation inédite le 1er octobre 2023, à hauteur de 1 000 euros bruts par mois en moyenne. Des décrets entrés en vigueur le 1er décembre 2025 ont permis une refonte statutaire historique accompagnée d’une revalorisation indiciaire. Le déroulement de carrière des magistrats sera désormais harmonisé avec celui des autres grands corps de l’État.
Les nouvelles grilles indiciaires garantissent une progression durable aux magistrats de l’ordre judiciaire. De même, le troisième grade est désormais ouvert aux magistrats dont la valeur professionnelle exceptionnelle sera reconnue par leurs pairs. Cette réforme valorise aussi les carrières à haute responsabilité – chefs de cour, chefs de juridiction, magistrats encadrants – en prenant en compte leurs contraintes spécifiques par des accélérateurs de carrière et une reconnaissance statutaire.