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Nouveaux droits de douane UE-USA : La Normandie face au défi des 20% de taxes à l’export

Publié le  07/04/2025
Romane Flahaut
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Face à l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane entre l'Union Européenne et les États-Unis, les exportateurs normands doivent s'adapter rapidement. La CCI Normandie se mobilise pour les accompagner dans cette période d'incertitude.

Une taxe de 20% qui bouleverse les échanges transatlantiques

À compter du 9 avril 2024, une mesure qui risque de transformer profondément les relations commerciales entre l’Europe et les États-Unis entre en application : tous les produits européens exportés vers le marché américain se verront désormais appliquer une taxe de 20% à leur entrée sur le territoire.

Cette décision unilatérale américaine n’épargne que quelques catégories spécifiques de biens : lingots d’or, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs, cuivre, bois de construction et produits énergétiques, qui bénéficieront d’exemptions.

La Normandie particulièrement exposée

Pour notre région, l’impact de cette mesure s’annonce significatif. Les États-Unis représentent un partenaire commercial de premier plan pour la Normandie, occupant la position de 3ème client et de 1er fournisseur en 2024.

« Cette nouvelle barrière douanière risque de fragiliser la compétitivité de nombreuses entreprises normandes sur le marché américain, » explique un expert de la CCI Normandie. « Les secteurs de l’agroalimentaire, du luxe et des produits manufacturés seront particulièrement concernés. »

Les entreprises exportatrices normandes doivent désormais intégrer cette taxe supplémentaire de 20% dans leur stratégie commerciale, ce qui pourrait se traduire par une hausse des prix pour les consommateurs américains ou une compression des marges pour les exportateurs.

Une riposte européenne en deux temps

Face à cette décision, l’Union Européenne n’est pas restée sans réaction. Dans un premier temps, Bruxelles a réinstauré des droits de douane ciblant des produits américains emblématiques, notamment le whisky américain, les motos Harley-Davidson et certaines catégories de bateaux.

Un deuxième paquet de mesures est prévu pour la mi-avril, concernant cette fois 18 milliards d’euros de biens importés des États-Unis. Cette escalade dans les tensions commerciales fait craindre une véritable guerre commerciale aux conséquences imprévisibles pour l’économie mondiale.

La CCI Normandie se mobilise pour les exportateurs

Pour faire face à cette situation, la CCI Normandie active sa Hotline Internationale dédiée aux entreprises normandes qui exportent vers les États-Unis.

"Nous mettons à disposition des entreprises normandes une équipe d'experts pour les accompagner dans la compréhension et l'application de ces nouvelles règles douanières. Notre objectif est de les aider à sécuriser leurs exportations et à minimiser l'impact de cette taxe sur leur activité."

précise Clémence Delattre, conseillère en développement international.

Ce service d’accompagnement personnalisé permet aux exportateurs normands d’obtenir des conseils juridiques, douaniers et stratégiques pour maintenir leur présence sur le marché américain malgré ce nouvel obstacle.

Des solutions pour s'adapter

Les experts de la CCI Normandie recommandent plusieurs pistes aux entreprises exportatrices :

  • Réviser leur stratégie tarifaire et leurs conditions commerciales
  • Explorer les possibilités de nouveaux partenariats avec des industriels aux États-Unis
  • Identifier si leurs produits peuvent bénéficier d’exemptions
  • Diversifier leurs marchés à l’export pour réduire leur dépendance au marché américain

Les entreprises normandes exportatrices vers les États-Unis peuvent contacter directement Clémence Delattre par email à clemence.delattre@normandie.cci.fr ou par téléphone au 02 35 14 35 71 pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

Dans ce contexte de tensions commerciales croissantes, la capacité d’adaptation et l’accès à une expertise douanière seront déterminants pour les entreprises normandes qui souhaitent préserver leurs parts de marché outre-Atlantique.

Par  Romane Flahaut