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Réindustrialisation : le Baromètre industriel de l’Etat en Normandie

Publié le  24/03/2025
Jacques-Olivier Gasly
Depestele, l'un des trois exemples d’entreprises normandes portant des investissements significatifs en 2024
Les services de la préfecture de la région Normandie viennent de publier le dernier « Baromètre industriel de l’Etat ». Un document qui permet de mesurer l’évolution de la réindustrialisation en France… Pour l’année 2024, la Normandie enregistre un solde positif de +2 !

Le Baromètre industriel de l’Etat permet de mesurer directement l’évolution de la réindustrialisation en France. Les services déconcentrés de l’Etat sont mobilisés pour le suivi de cet indicateur, coordonné et élaboré par la Direction générale des Entreprises (DGE) au ministère de l’Economie, des Finances et de l’industrie.

L’écosystème local participe également activement au suivi de cet indicateur et notamment les sous-préfets référents France 2030 et les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

Les résultats du Baromètre témoignaient d’une réindustrialisation forte en 2022 et en 2023 avec respectivement 176 et 189 ouvertures nettes en tenant compte des extensions et réductions significatives. A l’échelle nationale, en 2024, on observe une hausse modérée des ouvertures et extensions de sites industriels, avec 89 ouvertures nettes.

La décélération amorcée depuis le premier semestre ne remet pas en question la réindustrialisation de la France, elle ralentit mais poursuit la trajectoire anticipée dans les prévisions de l’Etat. Cette dynamique reste positive grâce notamment aux extensions d’usines.

Cette relève, confirme de fortes disparités sectorielles et territoriales. Les dynamiques diffèrent d’une région à l’autre, voire d’un département à l’autre, notamment dans les territoires où le tissu industriel est historiquement constitué autour de filières aujourd’hui confrontées à des transformations majeures et particulièrement impactées par les crises successives. A ce titre, ce baromètre se révèle être un outil essentiel pour saisir les réalités du terrain et adapter les politiques publiques en faveur de la réindustrialisation.

En Normandie, le solde est positif avec 2 ouvertures nettes d’usines. En effet, en 2024 19 sites industriels ont ouvert ou connu une extension significative, tandis que 17 usines ont fermé ou réduit significativement leur appareil de production.

Trois exemples d’entreprises normandes portant des investissements significatifs pour accroître leurs capacités de production et créer de nouveaux emplois dans la région

Depestele étend son activité de teillage du lin

Le groupe Depestele, leader dans le teillage du lin, inaugure une troisième usine à Saussay-la-Campagne (Eure) à la suite d’un investissement de 14 millions d’euros. Cette nouvelle installation complète les sites existants en Seine-Maritime et dans le Calvados, permettant au groupe de répondre à la demande croissante des filateurs. L’expansion devrait générer 50 nouveaux emplois.

Alland & Robert augmente sa production de gomme d’acacia

Alland & Robert, spécialiste de la gomme d’acacia, a investi 14 millions d’euros dans une nouvelle unité de production sur l’agglomération Seine-Eure. Cette expansion permettra d’augmenter la capacité de production annuelle de 50%, passant de 20 000 à 30 000 tonnes, tout en améliorant l’efficacité énergétique et en créant 25 nouveaux emplois.

Murata double sa capacité de production à Caen

Murata investit 60 millions d’euros dans son usine caennaise pour doubler sa production de composants passifs intégrés sur plaquettes de 200 mm. Ce projet vise à développer une technologie de pointe pour les marchés de la téléphonie mobile et des véhicules électriques, et devrait créer une centaine d’emplois d’ici 2025.

Ces investissements témoignent du dynamisme économique de la Normandie et de son attractivité pour les industries de pointe, renforçant sa position dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de l’électronique.

Méthodologie

L’indicateur vise à mesurer le nombre net d’ouvertures de sites industriels*, c’est-à-dire le nombre total d’ouvertures de sites industriels auquel on soustrait le nombre de fermetures. Il inclut les augmentations et réductions significatives d’activités industrielles sur un site existant, lorsque l’impact de celles-ci pour le territoire est de fait assimilable à l’ouverture ou la fermeture d’un nouveau site.

La définition de l’industrie retenue pour cet indicateur exclut les activités connexes (déchetterie, logistique) ou l’artisanat. Plus précisément, l’industrie est ici comprise comme l’ensemble des activités économiques qui combinent des facteurs de production (installations, approvisionnements, travail, savoir) pour produire des biens matériels, par la transformation de matières premières et l’exploitation des sources d’énergie, destinés au marché.

*Établissement de plus de 20 salariés.

Les données présentées doivent être lues comme des données provisoires et pouvant être actualisées lors de la prochaine relève, un certain nombre de projets d’ouverture pouvant être détectés a posteriori.

 

Par  Jacques-Olivier Gasly