Attractivité démographique : la Normandie attire plus d’habitants qu’elle n’en perd !
Comment attirer de nouveaux habitants, capitaliser sur leur installation, mais aussi retenir ceux qui seraient tentés d’aller voir ailleurs ? En 2021, 52 500 personnes venues d’autres régions se sont installées en Normandie. Dans le même temps, 49 300 habitants ont fait le choix de quitter la région. Si la Normandie peut donc s’enorgueillir d’un solde migratoire excédentaire, il est essentiel de bien connaître les différents profils pour orienter les politiques publiques. C’est ce que propose la dernière étude de l’Insee, dévoilée en présence du préfet de région, Jean-Benoît Albertini.
Car bien qu’excédentaire, le solde migratoire de la Normandie (+3 200 habitants) reste fragile, puisqu’il ne représente que 1 % de la population normande…
Comme dans l’ensemble des régions françaises impactées par l’arrivée de nouveaux habitants, le littoral est largement plébiscité et constitue un levier d’attractivité régionale à part entière. Dans le seul département de la Manche, les migrations résidentielles d’actifs et de retraités ont ainsi généré un solde migratoire positif de 1 600 personnes en provenance d’autres régions.
À l’inverse, les étudiants, préférant les grands pôles urbains, constituent la population la plus nombreuse à quitter la région. « En 2021, près de 9 300 étudiants normands ont quitté la région. Parmi eux, 70 % se dirigent vers des régions limitrophes et 30 % vers l’Île-de-France. À l’inverse, la Normandie a accueilli 6 600 étudiants venus d’autres régions, dont les trois quarts se sont installés dans les principales agglomérations de Caen, Rouen ou Le Havre », relève l’étude de l’Insee.
Trois pôles universitaires qui ne proposent que trois formations tournées vers l’innovation, selon les critères de la DGESIP*. Or, toujours selon l’étude de l’Insee, « si les choix de mobilité géographique des étudiants semblent davantage influencés par la diversité des formations proposées que par leur volume (…), le caractère innovant des formations constitue également un levier important dans les choix d’orientation des étudiants ».
Un point de vigilance qui sera sans nul doute scruté par les observateurs, d’autant plus que, comme le rappelle l’étude de l’Insee, « depuis 2021, Normandie Université figure parmi les cinq établissements pilotes retenus pour expérimenter les Pôles universitaires d’innovation (PUI) ». Un programme qui vise à « renforcer les synergies locales entre formation, recherche et innovation, et à soutenir le développement de startups à l’échelle des territoires ».
*Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle