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Caen Aménagement du territoire

Zenobia à Caen (14) : paysage et urbanisme

Publié le  18/06/2018
Justine Hunault
Zenobia Caen
Comment donner de l’humanité aux lieux de vie, faire du paysage et de l’urbanisme un point de rencontre.

Ce n’est pas une mince responsabilité que de participer à l’aménagement du territoire, de contribuer à sculpter le paysage, dans toutes ses composantes, de concevoir les espaces où vivront les humains. Il faut une sensibilité, une âme, on envie de raconter une histoire et de la faire grandir. Un quartier difficile, dans une friche industrielle, dans une place de village, dans une cour de récréation, chaque lieu a le droit à une attention particulière, a des besoins qui doivent s’exprimer, avec au cœur de toute réflexion la place de l’Homme.

C’est en tout cas ainsi que Benoît Dumouchel conçoit depuis sept ans le quotidien de son atelier de paysage et d’urbanisme, Zenobia. Il intervient très en amont des projets, pour dessiner les fondations, respecter le passé, écrire le présent, permettre l’avenir.  « Nous posons un regard neuf, naïf parfois, nous écoutons les lieux, nous tentons de saisir ce qu’ils ont à nous dire. On met en scène en cherchant à comprendre les attentes. Il n’est pas question d’imposer, mais d’écouter les gens, d’être en permanence dans le questionnement, le ressenti, le dialogue », détaille-t-il.

Cette approche donne à chaque projet un aspect distinct. « Nous n’avons pas de marque de fabrique, nous n’uniformisons pas »,  renchérit Benoît Dumouchel.   Son rôle est de penser à tout, à ne pas se noyer dans les détails, tout en sachant parfaitement les maîtriser, à aller à l’essentiel sans rien négliger. De la gestion d’une centaine d’hectares au dessin d’une tête de clou, il faut savoir jongler en permanence avec les différentes échelles, en mixant plusieurs lignes de pensée, devenir sociologue ou artiste selon les moments.

Océan Vert, le jardin thérapeutique

Alors que « les projets se multiplient » dans toute la France, Zenobia (qui compte trois concepteurs, chacun issu d’une école différente, donc avec une vision complémentaire) conserve son principe premier « d’apporter de l’humanité dans les lieux de vie, de travail, d’habitation, de rapprocher les humains ».

Cet esprit s’est parfaitement exprimé dans « Océan Vert », le jardin thérapeutique du centre François-Baclesse. Travaillant devant la souffrance, face au cancer, Benoît Dumouchel se juge « privilégié d’avoir échangé avec l’équipe médicale, avec les patients. Ce fut une aventure inoubliable, qui est partie d’un tout petit projet, un arbre, un banc, quelques fleurs, qui se montait à 2000 € ». Une force de mobilisation d’entreprises, de mécénat, a porté ce montant à 600 000 €, pour créer un lieu magique, un lien d’humanité. Si l’expérience fut exceptionnelle, Zenobia est passé à autre chose, dans le nucléaire, l’hydrolien, le monde viticole, la zone de repos du personnel d’une entreprise,  un jardin d’enfants fait avec presque rien, quelques rochers environnants, à Mouen. « On peut faire des réalisations exceptionnelles avec peu de moyens », remarque Benoît Dumouchel, qui jamais ne s’interdira de rêver.

A savoir

« Je suis devenu vraiment chef d’entreprise en participant à PLATO », confie Benoît Dumouchel. « Et je vais encore avancer avec un autre programme de la CCI, PME+ ». Comme tout ceux qui ont participé à ces réunions, il constate tout le bien qu’on retire de briser sa solitude, de partager, d’aller vers les autres : « on se revitalise, on apprend à prendre de la distance. C’est important, car ce n’est pas simple quand par exemple la réalité d’un délai de paiement trop long vous rattrape, alors qu’on est en pleine dynamique artistique. Il ne faut pas que les mauvaises nouvelles altèrent la créativité ».

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#Caen #Urbanisme
Par  Justine Hunault
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