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Équipements portuaires : la CCI Caen Normandie dresse le bilan 2021

Publié le  18/02/2022
Jacques-Olivier Gasly
L’éleveur à bateaux de 300 tonnes de Port-en-Bessin
Après une année 2020 fortement marquée par la pandémie mondiale, les équipements portuaires gérés par la CCI Caen Normandie ont de nouveau eu à subir une année 2021 compliquée.

Port de commerce de Caen-Ouistreham, ports de plaisance de Caen, Ouistreham et Dives-Cabourg-Houlgate, ports de pêche de Port-en-Bessin-Huppain, Grandcamp-Maisy et Ouistreham… Tous ces équipements ont pour particularité d’être gérés et exploités par la CCI Caen Normandie, faisant de celle-ci un acteur de premier ordre en matière d’économie bleue. Dans un contexte difficile, le port de commerce de Caen-Ouistreham, 10ème port français, a néanmoins résisté aux conséquences de la crise, tout en gagnant de nouveaux marchés.

« Sur l’année 2021, l’activité Transmanche a eu à souffrir des deux événements majeurs que sont le Brexit et la crise du COVID, qui ont tous deux fortement impacté l’activité touristique ainsi que celle des Cafés-Hôtels-Restaurants », expliquent Manuel Le Roux, président de la CCI Caen Normandie et Antoine de Gouville, directeur des Equipements portuaires. Mais si le port enregistre au final une baisse de 14,15 % du trafic passagers (avec 256 523 passagers, le terminal ferry a vu passer moins de passagers qu’au lancement de la ligne, en 1986) et de 15,7 % de son tonnage annuel, le port de commerce a toutefois de bonnes raisons d’espérer. Notamment grâce aux activités du port amont et d’importantes progressions portées par les matériaux béton, les trafics du bois ou encore de l’agroalimentaire.

A la faveur du déconfinement et d’une soif de plein air, les activités de plaisance des ports de Caen, Ouistreham, Dives-Cabourg-Houlgate, eux aussi gérés par la CCI Caen Normandie, ont quant à elles enregistré une bonne fréquentation. « Malgré l’absence de nombreux navigateurs britanniques, nous avons vu arriver une nouvelle clientèle composée de Belges, Hollandais et Français en cabotage sur la Manche, ce qui a occasionné une hausse du nombre d’escales de 19 % à Ouistreham, 15% à Caen et 13% à Dives-Cabourg-Houlgate », précise Erick Bocq, membre du bureau de la CCI, en charge des équipement portuaires.

En ce qui concerne la pêche, l’activité a elle aussi eu à pâtir du Brexit, avec la mise en place des mesures d’« arrêts temporaires » qui, en échange d’une indemnisation des navires impactés par la situation, imposait un arrêt d’activité, réduisant par là-même les volumes acheminés en criée. C’est ainsi que celle de Port-en-Bessin, 1ère de Normandie, a enregistré une baisse de -3%, allant jusqu’à -11% pour Grandcamp-Maisy. Toutefois, exprimé en chiffre d’affaires, le résultat de ces deux criées est orienté à la hausse, tant en raison de la très bonne saison réalisée sur la coquille Saint-Jacques, que de la diversité de débarque qui recense jusqu’à 70 espèces différentes.

On notera également que le pôle de réparation navale de Port-en-Bessin a lui aussi enregistré une croissance de son activité avec, entre-autres, une hausse de 10 % des manœuvres (310 au total) réalisées par l’éleveur à bateau de 300 tonnes, mis en service en 2016 et co-financé par le Département du Calvados, la CCI Caen Normandie et l’Union Européenne.

Les perspectives 2022

En 2022, l’actualité sera largement marquée à Ouistreham par l’aménagement de l’avant-port pour l’accueil de la base de maintenance du champ éolien de Courseulles. A Dives, l’aménagement d’un espace de port à sec est également prévu ainsi que l’installation d’une borne de recharge pour véhicules électriques.

Au deuxième semestre 2022, l’usine AYRO, qui a annoncé le 1er septembre 2021 son implantation sur le port de commerce de Caen-Ouistreham, devrait livrer ses premières Oceanwings, ailes articulées pour le transport maritime. L’entreprise a déjà été retenue pour équiper Canopée, le navire roulier de 121 m qui assurera à partir de 2023 le transport maritime des éléments de la fusée Ariane entre l’Europe et la Guyane.

Il conviendra également de suivre l’évolution des contrats commerciaux de la société ITP SA qui, au début de l’année 2022, a confirmé une convention d’occupation de 15 ans et qui ambitionne de réaliser jusqu’à 10 M€ d’investissements pour pérenniser son usine de Ranville, spécialisée dans l’assemblage de tubes terrestres et sous-marins hautement isolés thermiquement.

Par  Jacques-Olivier Gasly